Your browser does not support JavaScript!

Vincent JOHANET 14 février 2017 Paru dans N°399 - à la page 22

Traitement, stockage et régulation : avec HydroMaxx, Rehau présente une solution de traitement des eaux de ruissellement qui présente cette particularité de s’insérer dans un système désormais complet de gestion des eaux pluviales en milieu urbain. Explications.

L’atteinte du bon état écologique des masses d’eau, fixé par la directive-cadre européenne sur l’eau, impose une prise en considération de plus en plus importante des eaux de ruissellement, notamment en milieu urbain. Ces eaux, qui lessivent des zones parfois très fréquentées, peuvent se charger en substances polluantes comme de l’huile, de l’essence, du plomb, du cuivre ou du zinc et nuire gravement au milieu naturel lorsqu’elles s’y déversent sans traitement préalable. 

Lorsque le foncier est disponible, la solution la plus économique consiste généralement à collecter les eaux de ruissellement puis à les acheminer vers un bassin de rétention qui assurera un prétraitement aérobie avant restitution à débit contrôlé dans un exutoire ou au réseau d’assainissement. Mais l’urbanisation croissante et la densification de nos villes rendent ces solutions de moins en moins accessibles. Pour faire face à cette situation, des solutions ont été développées qui s’insèrent dans le tissu urbain sans pour autant nécessiter d’espace spécifique.

Les structures alvéolaires ultralégères (SAUL) s'inscrivent dans cette logique : elles permettent de stocker et de réguler les eaux pluviales en s’insérant facilement sous la voirie, les parkings, espaces verts, etc… Mais ces ouvrages nécessitent d’être protégés contre le colmatage et les risques de diffusion des polluants collectés. Des solutions ont été développées qui permettent d’assurer la pérennité de leurs fonctions hydrauliques en limitant la pollution des eaux évacuées à l'aval ou infiltrées dans les sols sous-jacents. C’est le cas du Rausikko HydroMaxx, un nouveau système modulaire de prétraitement des eaux pluviales développé par Rehau qui complète et protège les bassins de rétention ou d'infiltration.

Un système modulaire de prétraitement des eaux pluviales

« En complément de la retenue des particules solides, HydroMaxx permet de traiter l’ensemble des métaux lourds qu’il s’agisse de cuivre, de zinc, de plomb, ainsi que les huiles minérales légères, et d’une manière plus générale tous les polluants que l’on peut trouver dans les premières eaux de ruissellement qui sont aussi celles qui sont les plus chargées en polluant », explique Dominique Anceaux, Directeur du Département Génie Civil et Infrastructures chez Rehau. C’est un dispositif de traitement adapté aux aires industrielles ou aux parkings par exemple, mais qui peut aussi  reprendre les eaux de toitures métalliques pour les traiter. « Il ne s’apparente à aucun type d’ouvrage connu. Ce n’est pas un décanteur, ce n’est pas non plus un séparateur d’hydrocarbures, c’est un système de traitement spécifique qui permet de reprendre, sur une surface urbanisée d’environ 2.000 m², et de traiter avec un abattement > à 90%, l’ensemble des métaux lourds », souligne Dominique Anceaux. HydroMaxx repose sur un système physico-chimique induisant une réaction avec des composés d’oxydes de fer qui permettent la précipitation du zinc, du plomb et de tous les métaux lourds contenus dans les eaux de ruissellement.

Tout à la fois compact et modulaire, l’ensemble HydroMaxx résulte de l’association d’un module de sédimentation SediClean permettant de séparer les particules solides telles que le sable, les poussières de freinage et les résidus de pneus avec une unité d'adsorption et de filtration HydroClean pour séparer les particules fines, les huiles minérales ainsi que les substances polluantes dissoutes telles que le plomb, le cuivre et le zinc.

Tout à la fois compact et modulaire, l’ensemble HydroMaxx résulte de l’association d’un module de sédimentation SediClean permettant de séparer les particules solides telles que le sable, les poussières de freinage et les résidus de pneus avec une unité d'adsorption et de filtration HydroClean pour séparer les particules fines, les huiles minérales ainsi que les substances polluantes dissoutes telles que le plomb, le cuivre et le zinc. Le passage de l’eau à l’intérieur de l’unité de filtration, par simple phénomène d’adsorption, va précipiter les ions métalliques à l’intérieur de ce filtre « Toute l’intelligence du système réside dans la vitesse à laquelle on fait travailler l’adsorption et l’écoulement à l’intérieur, explique Dominique Anceaux. On travaille à des vitesses très faibles, de l’ordre de 0,05 m/s, de façon à optimiser la cinétique de l’adsorption sur le filtre ». 

Le filtre en lui-même ne nécessite qu’un entretien léger : « on le nettoie tous les ans et après chaque gros événement pluvieux par simple rinçage et on change le substrat d’adsorption en moyenne tous les 4 ans, en fonction de la charge de pollution. Ce substrat est aspiré de la même façon que des boues et sera acheminé vers la filière de traitement adaptée.

En traitant à la fois la pollution sous forme solide et dissoute contenue dans les eaux de ruissellement, HydroMaxx permet aussi à Rehau de proposer aux aménageurs une chaine de traitement désormais complète.

 

 Une chaine de traitement complète

« Le principe de fonctionnement de l’HydroMaxx suppose obligatoirement une sédimentation en amont, souligne Dominique Anceaux. Cette fonction est assurée par le SediClean. De même, un séparateur d’hydrocarbures, placé en amont de l’HydroMaxx peut permettre de mettre en place une chaine de traitement en cascade ».

L’HydroMaxx s’insère donc facilement dans la chaine logique des dispositifs de traitement des eaux de ruissellement en les complétant sans pour autant les remplacer. Préparé et chaudronné au sein des usines Rehau, il se pose très simplement, comme un regard.

Testé outre Rhin par l’IKT (Institut pour les Infrastructures souterraines) selon le référentiel pour les installations de traitement des eaux de ruissellement du DIBt (Deutsche Institut für Bautechnik), il dépasse les prescriptions pour la retenue quasi totale de substances filtrables, huiles minérales et de métaux lourds et dispose des marges de manœuvre suffisantes pour palier les incertitudes liées au fonctionnement en conditions réelles.

Comme pour tous les ouvrages de traitement décentralisés, le dimensionnement est essentiel. « Nous nous appuyons sur une méthode de calcul et de dimensionnement qui nous permet, en fonction de la sensibilité du milieu récepteur, de la nature des polluants et des débits à traiter, de dimensionner précisément les équipements nécessaires » assure Dominique Anceaux.

L’HydroMaxx, commercialisé depuis plusieurs mois déjà en Allemagne, commence à trouver ses premières applications en France, notamment sur les parkings et les aires de production industrielles. « En France, nous sommes en retard par rapport à d’autres pays européens sur ces notions de qualité d’eaux de rejets. Mais nous sommes persuadés que ce type de solution sera porté par les évolutions règlementaires qui ne manqueront pas d’intervenir dans le domaine de la qualité de rejets des eaux pluviales dans le milieu récepteur », assure Dominique Anceaux.

Associé au dispositif de stockage SAUL Rausikko Box, il constitue un maillon indispensable d’une chaine de traitement complète et homogène des eaux pluviales en milieu urbain.

HydroMaxx parait donc promis à un bel avenir d’autant que Rehau poursuit ses développements qui pourraient permettre d’élargir, dès la fin 2017, son champ d’applications vers d’autres problématiques, voire d’autres types de polluants.