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Pollutec 2023 : une édition payante !

28 novembre 2023 Paru dans le N°466 à la page 31 ( mots)

Avec des températures dignes d’un mois de juillet, le salon Pollutec qui avait fait son grand retour il y a deux ans suite à la pandémie de Covid-19, était l’occasion de rappeler l’urgence d’accélérer sur la mise en œuvre des solutions destinées à préserver la ressource en eau. Pour sa 30ème édition, la mobilisation des participants a démontré outre leur engagement à apporter des technologies matures et pérennes, la nécessité de croiser les expertises et de renforcer les liens entre acteurs. 51?000 visiteurs, 2?000 exposants dont 200 startups, 17 pavillons régionaux et nationaux se sont rassemblés autour de l’événement, indique l’organisateur. De quoi offrir un nouveau départ à l’édition parisienne, qui, après neuf ans d’absence se tiendra les 26 et 27 novembre 2024 Porte de Versailles.

Première édition Pollutec pour la société australienne Algaesys SA (également implantée au Portugal) qui propose une STEU à base de culture d’algues. Le principe : après passage par des filtres et clarificateurs, les eaux usées alimentent des bioréacteurs où poussent spontanément des algues, lesquelles consomment les nutriments (carbone, azote, phosphore) contenus dans ce flux. Ces microorganismes photosynthétiques captent du CO2 et libèrent de l’« oxygène » (O2, que les chimistes appellent dioxygène), soit l’inverse de ce qui se passe dans un classique bassin à boues activées. L’ensemble exige environ 0,2 kWh par m3 d’eau usée traitée, soit une consommation inférieure d’un ordre de grandeur à celle des STEU classiques. Le carbone séquestré dans la biomasse algale peut ensuite être valorisé, par exemple sous forme de biométhane. 

Audelà de l’épuration, les algues assurent même une forme de désinfection puisqu’au cours de la production du dioxygène, elles libèrent également des radicaux oxygène libres. « Sans rien ajouter, nous produisons des effluents de classe C européenne pour le reuse, et même de classe A si on ajoute un petit système UV » soutient James Lander, co-fondateur de la société. Autre avantage : les boues se déshydratent très facilement, sur une simple table d’égouttage. Ce système breveté est déjà en service aux Etats-Unis, en Australie et au Portugal, et des commandes ont été passée en Malaise, à Oman, au Royaume-Uni. Il vise les eaux usées urbaines dans des zones hors réseau d’assainissement, l’aquaculture, les installations touristiques mais convient à tout effluent chargé en matière organique, y compris industriel.


« Que ce soit au travers du suivi d’activité de process ou du suivi de la mesure COT, DCO, azote total, le domaine de l’environnement est toujours assez porteur, reconnait Christophe Vaysse, ingénieur technicocommercial chez Anael. Sur cette édition, les demandes ont principalement porté sur le suivi des hydrocarbures à l’état de traces ou sur la détection de surface pour lesquelles nous proposons des solutions particulièrement adaptées essentiellement par fluorescence UV ». Dans un contexte global de suivi des principaux polluants aqueux difficile à tenir, Anael qui propose des solutions de surveillance colorimétriques, vient tout juste de compléter son portefeuille de solutions avec l’analyseur UV 500 Tethys Instruments du groupe Horiba. 

« On est assez restrictif dans le choix de nouveaux partenaires car on ne veut pas d’overlapping avec nos autres gammes de matériels. L’idée étant de garder une cohérence dans ce que l’on est capable de proposer et de ne pas étendre la gamme de solutions afin de s’assurer de garder les compétences nécessaires pour comprendre les technologies ». Pour son périmètre, la France, la Suisse et les pays francophones, Anael a identifié 7 à 8 marques et « c’est suffisant, confie Christophe Vaysse. Le démarrage avec Horiba qui nous a demandé de les représenter en France se passe très bien et semble nous ouvrir des opportunités ». Si ce sont les industriels que rencontrent les équipes sur le salon, « cette nouvelle édition Pollutec confirme leur intérêt à nous rencontrer même si j’étais un peu inquiet par la mise en place d’une entrée payante qui pouvait freiner notre visitorat ».

Chez Andritz, la grande nouveauté de cette édition 2023 est la présentation du système de mesure optique, Metris addIQ Argos. Afin d’ajuster en permanence le dosage du polymère lors de la déshydratation des boues de STEU, Andritz a mis au point un système basé sur l’intelligence artificielle en l’occurrence un réseau de neurones convolutifs. Le Metris addIQ ARGOS se compose d’une caméra dirigée sur le centrât en sortie de centrifugeuse et d’un logiciel doté de capacités d’autoapprentissage. Ce dernier est capable, en fonction de l’apparence plus ou moins sombre du liquide, d’en déduire la quantité nécessaire de polymère et de piloter la pompe doseuse (ainsi que le régime de la centrifugeuse), exactement comme le ferait un opérateur entraîné… qui resterait sur place 24/7. 

La plupart des modes de communication (modbus, profibus, voire hardware) sont disponibles pour la remontée des données vers le système maître du client. « L’objectif premier est évidemment de réaliser des gains de consommation de polymère, une préoccupation générale compte tenu du prix croissant de ce réactif. Mais on obtient également un important gain de temps-homme passé sur la machine grâce à l’automatisation du réglage » souligne Nicolas Claverie, responsable commercial en charge de l’activité service sur le quart sud-est de la France. Actuellement déployé et totalement fonctionnel en tant que pilote sur plusieurs sites, le Metris addIQ ARGOS sera officiellement lancé en mai 2024 au salon IFAT (Munich, Allemagne). Le système a initialement été optimisé pour les centrifugeuses, qui représentent encore la majorité du parc d’équipements de déshydratation, mais des tests sont en cours pour les presses à vis.

L’édition 2023 a été une réussite pour Aprotek tant sur le plan des échanges, très constructifs que sur le plan du visitorat, curieux, à la recherche des tendances et innovations du secteur. « Il nous apparaît évident d’être présent à chaque édition de ce salon, souligne Vincent Pétry, responsable de projets, car il permet d’échanger de vive-voix avec nos clients, de faire découvrir nos solutions à de nouveaux prospects, et de conforter notre place de leader sur notre marché ». Alors que l’impact énergétique des process interroge toutes les filières, ce sont majoritairement des industriels qui sont venus à la rencontre d’Aprotek pour identifier les solutions leur permettant d’améliorer leur impact écologique en vue d’atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 sans toutefois négliger l’efficacité produit sur le terrain. 

« Nous avons encore constaté que de nombreux industriels ont des contraintes de gestion des liquides. Après quelques démonstrations produits sur notre stand, nous avons amorcé des plans d’actions pour faciliter leurs process et leurs opérations sur le terrain, notamment en matière de gestion des boues ». Cette typologie de visiteurs correspond bien à la gamme APROMUD®, qui depuis 10 ans, sert autant aux chantiers d’envergure ( tunneliers, forages, etc.) qu’aux travaux plus modestes ( curages de bassins), se félicite Vincent Pétry.

Un succès pour Aquaturbo (Aquasystems International NV) qui n’avait pas exposé en France depuis l’édition de 2018 et a profité du salon pour exposer toute sa gamme de matériels et notamment ses aérateurs-mélangeurs hyperboloïdes qui sont une alternative aux solutions rampes fines bulles pour les STEP aérobie. 

L’offre du parc de location (150 aérateurs disponibles en 24/48 h partout en France) a remporté un vif succès auprès des nombreuses régies, exploitants, traiteurs d’eau et quelques industriels en recherche de solutions flexibles. Au centre des enjeux relevés également par Aquaturbo, les économies d’énergie par l’optimisation des process existants et le reuse.

Pour Bio UV Group, l’édition Pollutec 2023 a été marquée par 4 jours riches de rencontres professionnelles et d’échanges et par des commandes fermes et avancées significative de projets autour de la gestion de l’eau, la réduction de la consommation énergétique et la réutilisation des eaux usées traitées pour les collectivités et industriels. 

Ainsi, 5 STEP de la région Bretagne ont confirmé leur choix d’installer 7 réacteurs UV avec des exigences élevées en matière de qualité des eaux de rejets permettant à terme de faire de la REUSE. Dans le domaine industriel, le spécialiste a entériné une commande ferme de 30 systèmes UV pour la désinfection des eaux de process en laboratoire médical, dans la continuité des 60 premières unités déjà livrées depuis le début de l’année, et confirmé une première commande pour l’un de ses sites dans la Sarthe d’un grand groupe spécialisé dans la dépollution et le traitement des déchets. Enfin les partenaires intégrateurs de BIO-UV Group ont démontré un intérêt certain pour la potabilisation et les traitements sans chlore et sans chimie ajoutée afin de désinfecter des eaux de forage ou de captage, dans le respect de l’environnement. 

Un bilan mitigé pour Busch qui a pu évaluer le potentiel du salon et dont l’objectif était clair : faire connaitre ses solutions de vide et de surpression pour le traitement des déchets. Si l’emplacement n’était pas satisfaisant, les nombreux contacts noués très qualifiés et prometteurs pour des opportunités de développement futures font que sa première participation est tout de même une réussite, reconnaît Joël Benard, directeur. Fournissant des gammes complètes de pompes et surpresseurs pour le traitement des eaux usées, le traitement du biogaz ainsi que les hydrocureurs, l’équipementier avait choisi de présenter un module de surpresseur de la gamme TYR correspondant au plus petit de la gamme des surpresseurs allant jusqu’à 20 000 m3 /.

 « Aujourd’hui nos solutions ont totalement leur place dans le domaine du traitement des eaux usées, nous manquons simplement de notoriété sur le marché français. Nous avons reçu peu de monde sur notre stand (du fait de l’emplacement) mais nous adressons autant les collectivités que les industriels puisque nos technologies interviennent à chaque étape des procédés de traitement (circulation, épuration, injection…) ». Principaux besoins identifiés dans le domaine de l’eau : des solutions fiables et économes en énergie, des technologies silencieuses adaptées à l’environnement urbain et des partenariats longue durée et de confiance. 

Une aubaine pour les équipes commerciales de Busch dont « l’avantage chez Busch, c’est que nous analysons en profondeur les applications, environnements et process de nos clients. Nous leur fournissons une solution adaptée à 100% et pas un simple produit. De la pompe au système sur mesure en passant par les accessoires, la solution connectée ou les services (audit de performance, maintenance multimarques, formation, etc.), on trouve tout au même endroit avec le même niveau de qualité et d’expertise, et ça c’est une vraie valeur ajoutée pour le client ».

Fidèle à sa stratégie de développement visant à sanctuariser la réduction de l’utilisation de produits chimiques, BWT France a profité du salon Pollutec pour présenter le fruit de sa collaboration exclusive avec la société danoise HPNOW, spécialisée dans l’assainissement d’eau par peroxyde d’hydrogène pour rendre le BWT ECO-UV encore plus éco-responsable. Car si le principe de fonctionnement est exactement le même que BWT ECO-UV, la synergie des deux technologies qui associe les UV à un générateur de production insitu de peroxyde d’hydrogène en continu permet d’éliminer le recours au transport, au stockage, et à la manipulation d’agents chimiques. 

Au-delà du Hall 6, BWT a également capté l’attention des visiteurs dès l’entrée d’Eurexpo autour de son container pilote BWT Plug & Reuse et lors de la conférence intitulée Comment moins et mieux consommer l’eau dans les industries ? animée par Dimitri Monot, responsable Marché Reuse, BWT France et Pierre-Alexandre Cassez, directeur de l’usine, Sarbec Cosmetics.

Coup double pour le spécialiste des solutions membranaires, Chemdoc, qui a présenté deux innovations destinées au traitement des eaux usées urbaines avant réutilisation (reuse). Le projet Rewa, financé par le programme européen Life et porté par la métropole de Montpellier, vise à créer une installation de traitement mobile un conteneur sur remorque tournant sur cinq stations d’épuration de l’agglomération. Particularité : l’installation, qui embarque différentes technologies allant de la simple filtration des particules solides à l’osmose inverse, en passant par l’UF et la nanofiltration, peut produire quatre qualités d’eau différentes en modifiant simplement la circulation interne de l’effluent à traiter. « Le nouveau contexte réglementaire étend ce qu’il est possible de faire avec ces eaux … en fixant des exigences sanitaires selon les usages. On ne peut pas « fabriquer » les mêmes eaux pour l’irrigation par inondation que, par exemple, pour le nettoyage de la voirie en ville ou la défense contre incendies, avec les risques d’aérosols que ces usages supposent. Un gros travail a d’ailleurs été fait avec l’université de Montpellier afin de préciser les paramètres de qualité pour les différents usages, pas toujours détaillés dans la réglementation » justifie Salvador Pérez, directeur de Chemdoc. 

L’installation, en cours de réalisation, sera livrée à la fin de l’année. L’autre innovation concerne un sujet souvent négligé lorsque l’on envisage la réutilisation des eaux usées traitées : leur salinité. Aux charges minérales dues aux lessives, shampoings, etc. s’ajoute une salinité naturelle variable selon les régions contamination des nappes en zones côtières par exemple. Cela peut empêcher la réutilisation, en particulier pour l’irrigation. Problème : dessaler intégralement les effluents de STEU par osmose inverse à haute pression serait bien trop coûteux. Le procédé NanoSélect , breveté par Chemdoc, vise plutôt à améliorer l’équilibre entre les ions divalents (calcium, magnésium) et monovalents (sodium, chlore). Cela permet en particulier d’abaisser le SAR (sodium adsorption ratio), un indice agronomique déterminant pour la qualité des eaux d’irrigation. Un essai de démonstration, financé par la région d’Occitanie et piloté par Sete Agglopôle, s’est déroulé à Mèze, sur l’étang de Thau. Les deux premières unités fabriquées en 2024 resteront la propriété de Chemdoc qui les proposera à la location, par exemple aux viticulteurs. 

Avec la société néerlandaise Cirtec BV, les eaux usées deviennent une source de cellulose. Cirtec BV a pour cela développé un système en deux étapes. Tout d’abord, un filtre de traitement primaire, à mailles ultra fines, retient cheveux, feuilles, graisses, etc. Il en sort des eaux encore chargées contenant, entre autres, des fibres de cellulose en suspension issues de la désagrégation du papier toilette. Un deuxième appareil récupère alors ces fibres puis déshydrate mécaniquement, et les collectes pour une transformation directement sur site ou en usine. En retirant des eaux usées une forte quantité de matière carbonée, le procédé soulage le traitement ultérieur, en particulier le bassin aéré. 

« Cela permet des économies d’énergie de l’ordre de 20-25% sur l’aération du bassin mais, comme notre procédé consomme un peu d’énergie, le gain net est de l’ordre de 12-15% » affirme Coos Wessels, managing director de Cirtec BV. La moindre quantité de boues générées entraîne des économies en termes de polymères, de déshydratation, de prise en charge/évacuation, etc. Le bureau d’étude KWB (Komptenzzentrum Wasser Berlin) ainsi a estimé qu’une tonne de cellulose récupérée économise 2,5 tonnes d’émissions de CO2 par la STEU. Mais surtout cette cellulose, déshydratée et hygiénisée, est valorisable en tant que matériau. 

Elle est utilisée pour l’isolation dans le bâtiment, comme agent de texture pour l’asphalte, partie de matériaux composites, polymères, etc. Cirtec BV a déjà installé et fait fonctionner des pilotes aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie. La société a signé début octobre 2023 un contrat de construction d’une unité à taille réelle avec la STEU (350 000 équivalents habitants) de Strongford, en Grande Bretagne, exploitée par Severn Trent. Fort de son expérience aux Pays-Bas, Cirtec BV s’occupera également de la commercialisation de la cellulose, en reversant le produit à la Severn Trent. L’unité sera achevée en avril 2024 et opérera à 100% de ses capacités dès juillet.

La société Coldep propose une déclinaison à l’échelle industrielle de son procédé d’épuration VAL (vacuum air lift), déjà déployé en aquaculture. L’eau à traiter passe dans une colonne verticale sous vide (relatif) au bas de laquelle sont injectées des micro ou nano-bulles d’air. Ces dernières entraînent les MES vers le haut de la colonne, où elles sont écumées mécaniquement. Le vide assurant la circulation de l’effluent, le VAL est très peu énergivore. De plus il n’entraîne quasiment pas de pertes d’eau et a une faible emprise au sol (une certaine hauteur sous plafond est en revanche à prévoir pour la version industrielle). 

« La version industrielle pourra traiter de gros débits en industrie agroalimentaire, textile, dans certaines branches de la chimie… Elle est dotée de beaucoup plus d’automatismes et de capteurs pour réguler le pH, les injections coagulant/floculant qui peuvent être nécessaires pour certains effluents, etc. Elle peut se gérer à distance par des routeurs » affirme Brice Plossard, directeur du développement chez Coldep. Plusieurs installations pilotes fonctionnent déjà en France, et Coldep vient de signer un premier contrat à échelle réelle (installation de 30 m3 /h) avec une grande laiterie.

Bilan positif et chiffres encourageants pour Elydan qui outre un visitorat en hausse se dit satisfait d’avoir démontré avec la FNTP et les Canalisateurs l’intérêt de recycler les chutes de canalisations en PEHD, TPC et PE. « En réponse à la mise en place de la REP Bâtiment impliquant pour les tubes utilisés en ouvrage de génie civil et en Travaux publics, de fournir une attestation sur l’honneur selon laquelle les matériaux ne sont pas utilisés en parcelle bâtie, nous avons décidé de nous interfacer avec nos clients pour leur permettre de récupérer leurs déchets et de les traiter sur notre usine de Signes pour les réutiliser dans nos process de fabrication », introduit Marc Tassy, directeur général de la nouvelle filiale Elyrev. 

Avec un potentiel de chutes de canalisations de 1100 km pouvant être recyclés sur tout la France, l’offre de collecte et de traitement des déchets de chantiers polyéthylène et de polyéphine baptisée Valorely et inaugurée à Pollutec, ne constitue pas pour autant un nouveau métier pour Elydan, souligne Marc-Antoine Blin, président du groupe Ryb. « Le choix du polyéthylène et du polyéphine a été toujours assumé par Elydan car c’est un matériau 100% recyclable et entièrement renouvelable. Les produits que nous fabriquons étant tous conçus pour durer 100 ans et accueillir entre 0 et 100% de produits recyclés, chacune de nos cinq usines est un centre de recyclage à part entière. Avec notre nouvelle structure Elyrev qui est installée à proximité du site d’Aubagne, nous sommes aujourd’hui les seuls à proposer de partir d’un tube et de revenir à un tube ». L’opération pilote, menée en Isère et présentée en partenariat avec Frans Bonhomme et les Canalisateurs sur le stand de la FNTP en est l’illustration parfaite : 3 tonnes de PE et TPC récupérées sont devenues 2 tonnes en 15 000 ml de PEHD DN25 et de PVC DN 200 destinés à l’irrigation.

Edition 2023 positive pour Emec France qui est un acteur bien connu dans le domaine du dosage et de la mesure de produits chimiques des traiteurs d’eau et des spécialistes. La société conçoit et fabrique plus de 100000 pompes doseuses par an dans son usine de Reti en Italie, des appareillages de mesure et régulation de paramètres physico-chimiques (pH, chlore, conductivité, Oxygène, turbidité) ainsi que des skids et autres panoplies de traitement d’eau. 

Multipliant les collaborations avec les maîtres d’ouvrage « il faut interagir avec des sachants, souligne Christophe Davesne, directeur filiale EMEC France, car notre gamme de produits suppose une bonne analyse du besoin pour pouvoir donner entière satisfaction à l’utilisateur ». L’édition 2023 a été l’occasion pour la BU française de remettre en avant le système de gestion en ligne Ermes qui permet de contrôler et régler à distance n’importe quel paramètre des instruments Emec. « Cette solution répond notamment à deux de nos marchés à fort enjeu en France pour des raisons technique et règlementaire: les tests légionelles pour l’eau potable et le traitement des tours aéroréfrigérantes ».


Un très bon cru à tout point de vue pour l’édition 2023, reconnaît l’équipe commerciale EMO. « Comme à chaque fois, nous avons apprécié la variété et la qualité du visitorat. Un grand MERCI aux équipes qui ont animé le stand pendant 4 jours non-stop et aux prospects, partenaires et clients qui ont pris le temps de nous rendre visite pour échanger sur leurs problématiques actuelles de traitement des boues et des effluents (eaux usées, boues d’eau potable, effluents industriels) »

Si EMO a toujours à cœur de montrer du matériel, « cette année, nous avons voulu mettre en avant l’urbain, l’industriel et le traitement tertiaire en présentant à Lyon une technologie pour chaque secteur : une unité de prétraitement compacte et efficiente (dégrilleur fin type escalier en caisson), une solution de déshydratation des boues (presse à vis) et un filtre tertiaire (type Dynasand) ».

Bilan très positif pour Electrosteel ! Les nombreux échanges lors du Salon confirment les engagements de l’entreprise sur la qualité et la durabilité des ouvrages en fonte ductile, les circuits courts d’approvisionnement, la relation de proximité et son expertise chantier mise à disposition tout au long des projets. 

Pollutec a également été l’occasion de présenter « notre nouvelle gamme de tuyaux, certifiée DVGW et SVGW, qui assure la décarbonation des chantiers. Economiques, écologiques et durables, (>120 ANS) les tuyaux FZMU avec mortier de ciment fibré extérieur répondent aux préoccupations des DSP, maîtres d’œuvre ET maîtres d’ouvrage, » précise Electrosteel.

Europelec, qui participe à l’événement depuis plus de 20 ans, dresse un bilan plutôt positif de l’édition. « Nous avons reçu un nombre de visiteurs important sur notre stand, majoritairement des collectivités. Pollutec est l’occasion de retrouver et de maintenir le lien avec des clients existants pour échanger sur des projets actuels ou futurs. C’est aussi une belle opportunité pour se faire connaître auprès de nouveaux contacts et des industriels », souligne Nathalie Martel, responsable commerciale France. 

Europelec a mis particulièrement en avant les produits phares du marché français à savoir les turbines lentes, les diffuseurs d’air fines bulles mais aussi ses solutions de location de machines d’aération, d’agitation et de services (installation, mise en service, maintenance, dépannage, pièces détachées) qui viennent compléter son offre.

Un bilan très positif pour Flyability qui a rencontré ses utilisateurs de drones pour l’inspection des réseaux et de potentiels nouveaux entrants qui ont pris conscience de la valeur ajoutée du drone. « On a pu mettre en avant les gains en termes de sécurité, de temps, et d’apport en données qu’apporte l’Elios 3 de Flyability avec par exemple, sa qualité de vidéo 4K et la localisation de défauts dans un modèle 3D, commente Paula Mendes, Marketing Manager. Le drone fait maintenant partie des équipements incontournables pour l’inspection de réseaux visitables (de 800mm et plus) ». La version de l’Elios 3 Surveying Payload avec son LiDAR haute précision présentée à Pollutec permet, en plus de la donnée visuelle, de générer des modèles 3D de conduites avec une précision de +/- 10mm, le tout sans faire entrer de personnel dans le réseau. 

« C’est une solution unique qui permet une grande avancée vers le géoréférencement en classe A ». Alors que les outils traditionnels ne permettent pas toujours de réaliser ces inspections de canalisation, « les industriels et sociétés d’inspection ont besoin de s’équiper avec les dernières technologies qui leur permettent d’obtenir des données de qualité supérieure, note Flyability. De même avec les défis autour de la gestion de l’eau, les collectivités s’engagent de plus en plus à maintenir un niveau de connaissance avancé (et à jour) de l’état de leurs ouvrages, tout en assurant un niveau maximum de sécurité ». Au global, une fréquentation très équilibrée entre industriels et collectivités sur le stand de Flyability.

Pour Gazechim Gaz Liquéfiés, Pollutec 2023 une belle édition. « De nombreux partenaires, industriels et collectivités, de la région Auvergne Rhône Alpes notamment, et des clients étrangers, nous ont rendu visite sur notre stand. Nous sommes également rentrés en contact avec des prospects à potentiel intéressant » note Karine Hervieu, responsable Marketing Développement Pôle Gaz | Gazechim Gaz Liquéfiés. Présenter l’Actech, un système de fermeture automatique des bouteilles de chlore, sans intervention humaine, asservi à la cellule de détection faisait partie de l’enjeu de l’édition. « Il a pour objectif de diminuer la durée de la fuite de chlore. Ce système peut être proposé soit dans le cadre d’une nouvelle construction ou d’une réhabilitation d’un local chlore »

Les industriels ont montré un intérêt certain pour la désinfection avec du chlore gazeux des eaux de process. « En combinant effet germicide et rémanent le chlore gazeux est la solution qui garantit la qualité sanitaire de l’ensemble du cycle de l’eau de l’industrie agroalimentaire. C’est un produit sans mercure, chlorure, qui ne se dégrade pas dans le temps en formant des chlorates. C’est un procédé en extension dans les industries de l’alimentation infantile, des fruits et légumes prêt à l’emploi et des aliments surgelés ». Le spécialiste a également profité du salon pour dévoiler Calio Formations, le nouveau centre de formation du groupe Gazechim spécialisé dans les formations des gaz industriels et fluides frigorigènes.

Hidrostal annonce une édition particulièrement réussie également. Le succès du salon s’explique autant par un visitorat de collectivités très marqué que par la démonstration du fond de cuve autonettoyant Preroclean qui a été très appréciée, note Augustin Berge directeur général France. Résultat : un taux d’intérêt très élevé́ de la part des visiteurs pour le système et deux fois plus de contacts qualifiés noués. Face aux problèmes de lingettes et de filasse que toutes les collectivités rencontrent, l’engouement pour le système Preroclean ne se dément pas. « Il faut dire qu’on est les seul à aller aussi loin et efficacement dans le curage, et ce, grâce à la conception de notre pompe qui permet de réduire les interventions humaines sur les postes de relevage »

Côté contacts, le dépouillement des fiches montre que la moitié du visitorat provenait de la région Rhône-Alpes, un quart d’autres régions de France, le reste de la région parisienne et d’outre-mer. Si l’édition est restée finalement assez locale, les équipes se félicitent d’avoir établi des contacts avec des grandes métropoles telles que La Métropole du Grand Lyon, SaintEtienne Métropole, des collectivités du Maghreb et des DOMTOM. Une récompense pour la filiale française d’Hidrostal dont la technologie de roue à vis centrifuge n’a toujours pas d’équivalent et qui entend bousculer les habitudes en France, et bientôt dans les pays du Maghreb et d’Afrique francophone.

Comme à chaque édition, Huot, dont la fabrication française fait la réputation de la marque, a rivalisé de créativité pour donner le ton à la manifestation. 

En faisant cette année le choix du Gaulois, qui excellait dans le domaine de l’extraction et de la transformation des minerais, le numéro 1 du branchement a marqué une nouvelle fois les esprits. 

Désormais reconnue pour célébrer avec humour les enjeux de la filière de l’eau, la société serait en droit d’obtenir le prix du stand le plus créatif du salon.

Relative satisfaction pour Ingersoll Rand qui a observé peu de dynamisme pour cette édition, « même s’il nous a permis de renouer avec le marché de l’eau français, nos client et nos prospects publics ou privés », relativise Patricia Carlier Low Pressure Marketing Specialist EMEIA. 

Sur le stand, l’accent a été mis sur l’efficacité énergétique de nos produits, nos solutions digitales et notre portefeuille de marques leader sur le Marché de l’Eau, dont Robuschi, appartenant toutes à un même groupe : Ingersoll Rand ». Si de nouveaux besoins n’ont pas été relevés, les tendances pour des solutions durables, économes en énergie et facilitant la maintenance grâce à des solutions digitales adaptées, se confirment. 

Comment offrir aux collectivités et aux industriels d’excellentes performances de traitement dans des ouvrages de génie-civil réduits tout en générant d’importantes économies d’investissement ? C’est ce que John Cockerill Environment et Stereau ont expliqué au cours d’un atelier consacré au procédé BeFlow® AGS. Entre les deux acteurs, un partenariat de premier plan qui comprend la mise en place d’un démonstrateur sur l’usine d’Ivry exploitée par Stereau en vue d’un accord de licence exclusif pour le groupe Saur applicable au marché français. Développée et expérimentée à Namur par John Cockerill Environment, cette technologie de Boues Granulaires Aérobies (Aerobic Granular Sludge) est basée sur la formation d’une biomasse granulaire dense et compacte. 

Les concentrations importantes en biomasse dans les réacteurs biologiques et la décantation rapide des granules permettent de réduire considérablement la taille des ouvrages de traitement tout en augmentant la capacité de traitement d’installations existantes. « La grande différence avec d’autres technologies est d’être en fonctionnement continu. On absorbe en direct sans avoir besoin de tamponner les fluctuations tant hydrauliques qu’en charge polluantes des effluents urbains, on les absorbe en continu grâce à notre zone de sélection biologique, qui, quelle que soit ce qui arrive va permettre un parfait festin/famine et donc d’être toujours dans des conditions de maintien idéal des granules aérobies » souligne Olivier Bernat, Chief Technology Officer chez John Cockerill Environment. 

Nous sommes des grands amateurs de MBBR pour des effluents industriels, en papèterie notamment mais ils ont un inconvénient, c’est la consommation énergétique qui atteint facilement 20 à 25% d’énergie en plus que des boues activées classiques ». En eaux usées urbaines, « BeFlow® AGS permet de réduire significativement l’emprise au sol des stations d’épuration en réhabilitation ou en construction. Facile à exploiter de par sa technologie en flux continu, qui évite les batchs, cette solution est également efficace pour réduire les consommations d’énergie et de réactifs. C’est pourquoi nous sommes ravis d’être associé en tant que constructeur à John Cockerill Environment pour commercialiser cette solution durable et économiquement viable sur le territoire français » résume Gilles Renaud, directeur général de Stereau.

Pour sa 30ème participation comme pour ses récents salons, alors que la maîtrise de la performance énergétique est devenue un enjeu critique pour les filières industrielles, Krohne a décidé de mettre en avant tout son portefeuille de solutions et de déployer en plusieurs espaces, à travers diverses démonstrations, son offre de Mainstream Industry Vendor. « On essaye de faire en sorte ces dernières années que Krohne soit reconnu comme un fournisseur global d’instrumentation et pas seulement un spécialiste de la débitmètrie » avance Jonathan Pradel, marketing communication manager. 

Pensée en réponse aux nouveaux besoins « l’édition qui donnait à voir toutes les gammes disponibles en catalogue, comme la niveaumétrie, les mesures de température, de pression ou d’analyses physicochimiques sans oublier la débitmétrie a obtenu un retour très positif de la part des visiteurs, et répondu aux demandes et discours qui émergent vers plus de contrôle de la consommation d’eau et des rejets après traitement » notent les équipes de Krohne.

Ce fut une édition réussie et très intéressante pour nous, se félicite Labaronne Citaf. « Dans un contexte où la gestion de l’eau est un enjeu important, nous avons pu largement présenter nos solutions de stockage souple pour l’eau et tout autre liquide. Nous avons particulièrement mis en avant la citerne souple autoportante, pouvant stocker des volumes allant jusqu’à 2000 m3, mais aussi la citerne semi-enterrée (ecobag), alternative à la citerne souple pour stocker des plus gros volumes (jusqu’à 10 000 m3). 

« Nous constatons une augmentation des demandes de stockage d’eau et surtout d’eau de pluie pour le secteur industriel et agricole, et travaillons aussi avec des collectivités sur des projets de réutilisation des eaux usées et récupération d’eau de pluie ». Cette édition a permis de présenter la dernière innovation du fabricant : le spectosensor, un capteur de niveau connecté, qui transmet le niveau de liquide de la citerne en temps réel sur une plateforme web. Il permet par exemple d’être alerté en cas de vandalisme sur vos réserves incendie, citernes engrais, eau, effluents.

Un salon très attendu pour la société américaine Moleaer qui souhaite introduire ses nanobulles sur le territoire français afin de proposer un traitement sans produits chimiques aux exploitants de STEP. « Les nanobulles de Moleaer se lient aux contaminants organiques et la libération de l’énergie associée à leur pression interne de 27,5 bars, fractionne ces composés inhibiteurs et toxiques en composés organique biodégradables. 

Graisses huiles (FOG), et composés amphiphiles, tels que les composés quaternaires d’ammonium (CQA), tensioactifs et détergents, couramment présents dans les eaux usées interférent avec la séparation des solides, les processus biologiques et les transferts d’oxygène, réduisant considérablement l’efficacité des traitements d’eaux usées. Le procédé de chimie propre des nanobulles (NB) élimine sélectivement ces contaminants nocifs des eaux usées et permet de tirer une efficacité maximale des traitements existants » souligne Laurent Gendre Business Development Manager, West and South Europe.

Satisfaction générale chez Omya qui dresse un bilan très positif de la 30éme édition de Pollutec. « L’ ’événement reste une plate-forme d’échange incontournable avec les décideurs du secteur, que ce soit les clients, les distributeurs et les grands opérateurs. La gamme de produits Omya pour l’eau potable et le traitement des eaux usées a continué de gagner en visibilité lors de cette édition, notamment à cause des attentes du marché pour des solutions économiquement plus compétitives tout en améliorant la sécurité des opérations industrielles ainsi qu’une prise en compte des enjeux sur les émissions de CO2  », se félicite Frédéric Amiche directeur Market Development & Innovation Water. 

L’offre mise en avant, la gamme fabriquée Omyaqua, dont le déploiement s’accélère en Europe en raison de la demande d’alternatives à la soude caustique et aux chaux hydratées de commodité (lait de chaux ou poudre), a donné lieu à de nombreux échanges. « Y compris avec des acteurs de pays techniquement moins matures vis-à-vis des technologies du traitement de l’eau qui souhaitent s’équiper aussi de produits plus avancés, notamment sur les aspects du développement durable », note Frédéric Amiche.

Après avoir valorisé sa gamme de produits composée à 100 % de PEHD recyclé, obtenu une évaluation en économie circulaire (conforme à la norme AFAQ XPX 30 901) et introduit le Certificat Équivalent Bouteilles Recyclées (CEBR), l’édition Pollutec 2023 devait pour Polieco consacrer la présentation des nouvelles Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) pour ses tubes annelés. Pari gagné pour le fabricant de Feillens dont l’initiative a été très bien accueillie et met en évidence l’impact environnemental de ses produits en PEHD.

« Destinées initialement aux produits du bâtiment, ces fiches sont devenues tout aussi pertinentes pour les produits du secteur des Travaux Publics (TP) et répondent à la demande croissante des critères de choix environnementaux et sanitaires des professionnels pour rendre leur installation plus durable » avance Antoine Thonnellier, directeur commercial France. Pour sa nouvelle participation à Pollutec, l’unité française se félicite de la fréquentation des visiteurs sur son stand et des échanges constructifs engagés dans ce sens.

Satisfaction sur le stand de Primus Line qui a une nouvelle fois présenté ses solutions renforcées de fibres d’aramide et les connecteurs spécialement conçus pour la réhabilitation sans tranchée des canalisations sous pression. « Autant en industrie, les gens se décident et ils comprennent très vite l’avantage de la réhabilitation sans tranchée des conduites sous pression et des matériaux (PE), (TPU) pour renouveler neuf sans tranchées. Autant en eau potable, les acteurs sont perclus d’habitude. Ils disent rechercher des prix, mais même si on leur démontre les économies réalisées par leurs collègues, ils ont du mal à se décider. 

Ils préfèrent finalement privilégier les réparations ponctuelles et coûteuses au renouvellement. D’autant qu’ils sont tenus par un code de la commande publique qui est avant tout un frein au développement ». Pour le rendez-vous des innovations environnementales, cette nouvelle édition n’a pas fait basculer les collectivités, regrette Philippe Ferrer, « mais les défis concrets, inhérents aux situations d’urgence, à l’image des dégâts de la vallée de la Vésubie ou de l’inondation de l’hôpital de Sallanches, devraient faire progresser notre technologie ».

La société néerlandaise Qsenz propose le SoliSenz, un système de mesure de la teneur de matières en suspension (MES) dans l’effluent d’une centrifugeuse de boues de STEU (ou de digesteur). Le but est d’automatiser le fonctionnement de la centrifugeuse et le dosage du polymère, qui sinon doivent être en permanence ajustés par un opérateur entraîné. Il fallait pour cela surmonter un problème : les capteurs optiques classiquement utilisés pour mesurer les MES fonctionnent mal dans ces conditions particulières. En effet le centrât contient beaucoup de microbulles d’air, que les capteurs considèrent comme des solides en suspension. De plus ils s’encrassent très vite dans ce « bain ». 

L’idée de Qsenz : installer une dérivation avec une pompe péristaltique qui fait passer en continu une petite quantité de centrât par un système supprimant les bulles d’air par ultrasons avant de l’envoyer dans une cellule spéciale où sont installés un capteur optique et son système de nettoyage automatique par acide. Le capteur fonctionne donc dans des conditions optimales, mesurant en permanence la quantité réelle de MS dans le centrât. Le tout tient dans une armoire murale et peut envoyer ses données au scada de l’opérateur. 

Résultat : un gain en consommation de polymère, une meilleure tenue du gâteau (boue déshydratée) et une meilleure qualité de l’effluent retournant en tête de station. Sans compter le temps-homme épargné. « Le retour sur investissement est assuré en 3 à 6 mois. En un an, nous en avons déjà vendu une dizaine d’unités aux Pays-Bas et autant sont en commande. Etant donné le succès, nous les déployons désormais à l’international » affirme Wilco Keijzer, directeur technique de Qsenz. D’où la présence à Pollutec, avec succès.

Rendez-vous satisfaisant pour le constructeur d’excavatrices-aspiratrices et d’engins d’aspiration RSP France grâce à la fréquentation et la qualité des échanges sur le salon. Le nouveau modèle d’aspiratrice RSP type ESE6F1 exposé sur le stand a remporté un large succès auprès des visiteurs grâce au design plus futuriste que la machine précédente et aux qualités de fiabilité et performance qui caractérisent la marque. 

« Présent sur le marché TP depuis plus de 20 ans en France, notamment pour le renouvellement des branchement plombs, l’utilisation de l’aspiratrice s’étend aux fuites d’eau et aux renouvellement divers, analyse Nicolas Martins responsable-commercial. De plus en plus de collectivités et communautés de commune nous sollicitent. Nous avons d’ailleurs actuellement 4 machines en production suite à l’obtention d’appel d’offre ».

Satisfaction sur le stand de Techneau qui a souhaité cette année mettre en avant sa solution globale au service de l’eau : collecte, traitement et valorisation de l’eau de pluie. 

«Outre nos clients, cette édition nous a permis de rencontrer de nouvelles personnes intéressées par nos solutions et également des visiteurs internationaux », se félicite David Lesecq, son président. Qui note une sensibilisation du traitement à la parcelle et le soucis de préserver l’eau potable en trouvant des solutions alternatives quand cela est possible (récupération de l’eau de pluie).

Dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, porté par son activité à l’international qui représente 70% des ventes, Tecofi a développé une gamme de vannes destinées aux problématiques de dessalement. « La vanne à papillon Tecfly que nous venons de lancer en 2023 présente l’avantage d’être complétement interchangeable.

100% étanche, testée hydrauliquement comme toute la gamme et couplée à un système de détection connecté développé avec notre partenaire IFM, elle permet au maître d’ouvrage, non seulement de vérifier la position de la vanne, l’usure du joint, et d’informer en cas d’obturation par un objet externe mais également de planifier une maintenance préventive », précise Assoud el mehdi.

Présent dans plus de 110 pays sur les marchés de l’eau, de l’industrie et du génie climatique, Tecofi revendique 20 à 30% des vannes à papillon installées en France grâce à un mot d’ordre général : être au plus proche des clients. « Nos équipes sont avant tout notre force », sourit le responsable commercial export. Démonstration faite sur le stand très fréquenté du fabricant. 

Cru intéressant pour l’entreprise bordelaise Tergys qui note une fréquentation de +30% par rapport à 2021 et des rencontres prometteuses pour de nouveaux partenariats. Beaucoup de collectivités (France, Afrique, Océan Indien, Asie centrale, Polynésie…), des industriels, des visiteurs agriculteurs ou de l’agro business ainsi que des bureaux d’étude et des grands ensembliers français du traitement de l’eau ont rencontré les équipes pour aborder pas les aspects techniques de production et stockage d’énergie. 

« Au cœur des nouveaux besoins, les solutions de traitement d’eau modulaires et autonomes en énergie ainsi que les traitements des pesticides et leurs dérivés (Métolachlore, Chlordécone, Chlorothalonil, etc…), PFAS pour l’eau potable, micropolluants dans les eaux usées). Et la REUT qui a le vent en poupe » reconnaît Ludovic Renoux, directeur commercial.

La captation 3D et l’intelligence artificielle ont fait des progrès exceptionnels ces dernières années. Elle permet de réaliser en quelques jours les jumeaux numériques des installations, copies conformes des usines et de donner accès à un environnement numérisé aux services techniques d’eau et d’assainissement. A l’occasion de Pollutec, Suez et la start-up française Samp ont signé un partenariat visant à améliorer la résilience des infrastructures d’eau grâce aux jumeaux numériques. 

« Notre solution de Réalité Partagée est le catalyseur qui permet de fiabiliser et d’accélérer la transformation des sites industriels vers des productions plus durables explique Laurent Bourgouin, président et co fondateur de Samp. Cette collaboration avec Suez confirme notre vision commune quant au besoin fondamental d’approches numériques disruptives pour répondre aux enjeux colossaux de l’industrie en matière de sécurité, de résilience et d’environnement. » 

Initiée en 2020, la collaboration entre Samp et Suez s’est concrétisée autour d’une première phase pilote menée sur plusieurs dizaines d’usines d’eau potable et d’assainissement exploitées par Suez. Inauguré à Pollutec, l’accord de déploiement de l’outil de digitalisation permettra à Suez d’élargir le déploiement de cette technologie à d’autres services d’eau et d’assainissement. Il vise également à analyser le potentiel de développement à d’autres activités telles que la gestion patrimoniale des infrastructures en les complétant avec de nouvelles fonctionnalités.

Le stand Tubao, aux côtés d'Architectes d'urgences, a quant à lui illustré l’importance de créer toute une chaîne de valeur dans le monde de l’eau pour mobiliser des ressources postcatastrophes naturelles visant à aider les pays sinistrés à se reconstruire. Dans le cadre de ce salon, la fondation Architecte de l’urgence créée en 2001, présentait le partenariat qu’elle a noué avec Osmosun pour l’industrialisation du système compact de production d’eau potable, WHESS (Water Hydrogen Energy Sustainable System). « Nous sommes les premiers à apporter une unité de production d’eau et d’énergie en contexte d’intervention post-catastrophe qui puisse développer l’autonomie des populations, insiste Camille Bordes, architecte, responsable projets. 

La visibilité que nous offre Tubao sur ce salon nous permet de mettre en lumière le besoin de créer des passerelles fortes avec les différents acteurs de l’eau pour financer la fabrication de ces petits équipements de moins 5 m3 d’eau potable par jour, sans lequel aucune reconstruction n’est possible ». Et pour celles et ceux qui voulaient une expérience immersive, sonore, instructive, sur le même stand pendant 4 jours, François Régis du Mesnil, PDG de Tubao, invitait à découvrir dans un Weholite aménagé le site de production basé à Saint-Saëns en réalité virtuelle. Histoire de ne plus voir les buses PEHD Weholite du même œil.

Pour United Rentals, le Hall 6 a révélé tout le potentiel du domaine de l’eau : « Nous dressons un bilan très positif de cette 30ème édition. Alors que nous avions pris le parti cette année de changer de Hall, en passant du Hall 3 (recyclage, réemploi, matières et matériaux) vers le Hall 6 pour viser la gestion de la ressource eau, les clients et prospects étaient au rendez-vous ! » souligne Camille Sauvage, Country Marketer France. 

Au centre de l’offre, sa gamme de stockage, de pompes, de filtration et d'alimentation électrique, quelques-unes de ses solutions de traitement et surtout ses tout nouveaux appareils de télémétrie qui permettent un suivi à distance en temps réel. « Nous souhaitons avant tout montrer que tous nos équipements ont été étudiées pour fonctionner les uns avec les autres et ainsi proposer tout un panel de solutions à nos clients, selon leurs besoins ». United Rentals a plus particulièrement reçu des industriels lors de cette édition, ce qui est très représentatif de son core business. « Nous recevons également de plus en plus de professionnels du BTP, à qui nous pouvons offrir nos services ».

Créée en 2018 sur l’île de La Réunion, Up Welling conçoit, fait construire par le groupe Serap et distribue des pompes de relevage fonctionnant sans électricité. Leur énergie provient en effet exclusivement de la pression (un bar minimum) de l’eau entrante. Elles sont donc installées soit en bas d’une colonne descendante soit sur un réseau en pression. Leur intérêt : elles multiplient par quatre, environ, la pression entrante, ce qui permet de relever ces eaux audessus de leur niveau initial, et ce dans des zones dépourvues d’alimentation électrique. L’eau entrante s’engouffre dans cylindre horizontal de gros diamètre la partie motrice où elle pousse un piston fixé sur un axe entrainant un deuxième piston installé dans un cylindre attenant de plus petit diamètre, où la pression est donc plus élevée pour l’éjection. 

Le fonctionnement est alternatif : l’eau entre d’un côté puis de l’autre du piston moteur, le poussant dans un sens puis dans l’autre un « petit » cylindre éjecteur est en effet installé à chaque extrémité du cylindre moteur. Cette alternance est assurée par un système de vannes à commande pneumatique, initialement mis en pression par une simple pompe à vélo puis maintenu par le mouvement de la pompe. « Nous l’avons déjà utilisée en irrigation, pour alimenter un terrain d’une cinquantaine d’hectares situé au-dessus d’une réserve d’eau : le système fonctionne alors 24 heures sur 24 non-stop. Les pompes étant certifiées pour l’eau potable, nous pouvons aussi les installer sur ce réseau, par exemple pour alimenter de nouvelles zones en exploitant la pression excédentaire du réseau » explique Stephan Wan Hoi, chargé d’affaires chez Up Welling.

« En tant qu’entreprise localisée dans la région lyonnaise, Viacon France se devait d’être présent à cette 30ème édition et nous n’avons pas été déçus ! Cet évènement a été l’occasion de présenter l’ensemble de nos solutions pour la gestion de l’eau qui s’étend du tuyau en acier galvanisé Spirel®, au tampon d’orage TuboSTORM®, à la réutilisation de l’eau de pluie avec TuboSTORE®, à l’infiltration à la parcelle avec Tubo’INFILTRATION®, jusqu’au confinement d’eaux polluées avec TuboPROTECT® et à la défense incendie avec TuboFIRE®. Nous avons également profité de l’édition pour introduire le tuyau Trenchcoat® dont le revêtement est autorisé en milieux agressifs », expose Frédérick Cousin, président de Viacon. 

Sur le stand, les vues 3D des produits, représentées sur un écran mural couplé à des vidéos de chantiers, ont attiré les visiteurs. « Nous estimons qu’environ 400 à 500 personnes sont venues nous rendre visite durant ces 4 jours : des entreprises de Travaux Publics, des collectivités territoriales et quelques industriels, soucieux du manque d’eau pour la pérennité de leur activité ou devant se mettre aux normes pour confiner leurs eaux polluées (cas des ICPE). Également de nombreux maîtres d’œuvres ». Si Viacon a ressenti le fort intérêt des visiteurs sur la problématique de la gestion de l’eau dans son ensemble, l’équipe a également pu mesurer la responsabilité qui lui incombe en tant que fabricant d’équipements dans le domaine. « Cela a été l’occasion pour l’équipe commerciale de pouvoir partager un moment de convivialité avec nos clients qui nous font confiance depuis plusieurs années mais aussi d’échanger sur nos solutions techniques avec de nouveaux prospects, très intéressés par nos produits »

Très fière d’avoir participé à Pollutec, « elle en ressort encore plus motivée et rassurée sur la demande concernant nos solutions dans un contexte économique difficile pour la construction et le bâtiment » analyse Frédérick Cousin. D’autant que les solutions de stockage et de réutilisation de l’eau de pluie ont été largement plébiscitées par les visiteurs dont des industriels qui ont été exposés aux restrictions d’eau successives. « Ils cherchent à stocker l’eau de pluie ou de l’eau de forage pour pouvoir l’utiliser en période de sécheresse. Nous avons noté que les besoins en Défence Incendie sont également importants. La ressource étant plus rare, le réseau d’adduction d’eau potable ne peut délivrer les débits nécessaires pour éteindre un feu. Il faut donc satisfaire la Défense Incendie par des points d’eau artificiels. Nos cuves incendie TuboFIRE® sont une solution pour stocker de l’eau à disposition des pompiers en cas de sinistre ».

Un bon millésime pour ViewPoint Biosurveillance de l’Eau encore présent cette année au salon Pollutec, pour y exposer ToxMate, la station de détection de micropolluants sur site en temps réel. « Cette édition Pollutec a permis de constater que les nouveaux besoins, autant au regard des conférences que lors des rencontres sur notre stand, portent beaucoup sur la REUT.

Les collectivités comme les industriels attendent un réel engagement politique afin d’enclencher ces projets qui ne peuvent être que profitables pour la préservation de la ressource et aujourd’hui techniquement parfaitement viables. Trop d’inertie ou d’attentisme n’iraient pas dans le sens de l’urgence à laquelle nous sommes confrontés ». Concernant la fréquentation du salon, les collectivités sont certainement encore un peu plus présentes que les industriels, mais il semblerait que la tendance évolue par rapport à 2021, note Nicholas Savals, responsable développement France.

Un salon dont l’état d’esprit général était plus apaisé que l’édition 2021, observe Vivlo, dont la toute première participation à Pollutec remonte à 1985. Au plan qualitatif comme au plan quantitif : « c’est une édition réussie. L’ensemble des participants, concurrents, clients, organisateurs étaient réunis avec une réelle envie de se retrouver. Et c’est une première, se réjouit Julien Brochier directeur commercial, depuis 37 ans que nous participons au salon »

Même si le recyclage des effluents industriels ne constitue pas une nouveauté sur le marché, l’intérêt que porte les industriels sur une autonomie en eau est de plus en plus manifeste, reconnait l’expert. « Avec l’envolé des coûts énergétiques, nous avons développé des évaporateurs hybrides qui permettent de diminuer considérablement les consommations d’électricité et avons installé et démarré notre premier projet en 2023 ».

Et Wessling France de conclure : « Un très bon bilan avec de nombreux contacts malgré l’entrée payante. Pollutec reste un salon incontournable pour nous car il nous permet d’échanger avec nos clients sur les projets qu’ils nous confient au quotidien, de connaître leurs attentes et de d’échanger autour de nouveaux sujets que nous développons et qui les préoccupent. Nous avons mis en avant les analyses que nous proposons pour répondre aux enjeux actuels et futurs. Qu’il s’agisse des analyses environnementales classiques ou émergentes (PFAS, microplastiques, bioaccessibilité) ou encore d’analyses de valorisation des déchets »

Et pour la première fois, cette année le laboratoire a également mis l’accent sur sa politique RSE et humaine. Le quiz spécialement élaboré pour l’édition du salon a notamment permis de collecter 2640 € de dons pour l’association Planète Mer, qui agit pour protéger en particulier la biodiversité des récifs coralliens.


Beaucoup de temps forts donc pour cette édition lyonnaise 2023 et pour l’enjeu de la ressource en eau qui redouble de sens à l’aube des Jeux Olympiques de Paris 2024… 

Gageons que l'édition parisienne qui se tiendra à Expo Porte de Versailles les 26 et 27 novembre 2024, sera l’autre événement d’ampleur qui montre les savoir-faire dans le domaine de l’eau. 

Pascale Meeschaert et Patrick Philipon


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