« Les exigences réglementaires - l’absence de coliformes et entérocoques sur des échantillons de 100 mL - sont insuffisantes pour assurer la sécurité sanitaire à l’échelle de l’ensemble de la population desservie. Les agences sanitaires internationales recommandent donc de réaliser une Evaluation quantitative des risque microbiologiques (EQRM) » affirme Jérôme Enault, de Suez.
Une EQRM consiste d’une part à détecter et quantifier dans la ressource les microorganismes vraiment pathogènes et d’autre part à déterminer les performances d’abattement de la filière de traitement. Cela permet alors de vérifier, par le calcul, que l’eau sortant de l’usine est bien conforme aux exigences des agences sanitaires. « Nous le faisons assez régulièrement à la demande d’exploitants ou de constructeurs. Cela peut concerner des organismes comme Cryptosporidium ou Giardia, mais aussi des bactéries pathogènes comme certaines souches d’E. Coli ou Campylobacter, ou des virus comme des norovirus ou adénovirus, qui demandent des traitements assez forts » explique-t-il.
La démarche n’est pas encore obligatoire mais commence à être introduite par bribes dans la réglementation. « L’un des arrêtés de décembre 2022, portant sur la surveillance de la qualité par l’exploitant, introduit déjà l’analyse de la ressource, la prise en compte d’autres microorganismes que les deux marqueurs réglementaires, le contrôle de la turbidité de l’eau, la surveillance du chlore en ligne… tout cela va dans l’esprit des EQRM. Par ailleurs, les EQRM per se, pour lesquelles Suez est un leader reconnu, peuvent être utilisées dans le cadre des futurs Plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE).
Nous les mettons déjà systématiquement en œuvre dans les projets d’eau “sans chlore” affirme Pierre Pieronne (Suez). « La directive européenne implique la mise en œuvre, à moyen terme, de PGSSE. Il est possible que cette démarche révèle, localement, le besoin de traitements spécifiques en plus des filières “classiques”. En fait ce type d’analyse et de gestion des risques se fait déjà : nous dimensionnons les filières en fonction de la qualité de la ressource » affirme pour sa part Sara Hercule-Bobroff, de Veolia.